12/12/2016
L'entreprise de soi

De plus en plus d’individus ressentent le fait que la vie n’est ni une identité plaquée de l’extérieur, ni un destin dicté par sa classe sociale ou ses diplômes, ni une liberté purement abstraite de citoyenneté. Parler de l’entreprise de soi c’est traduire l’idée que chacun peut avoir prise sur sa vie, la conduire, la gérer, la maîtriser, en fonction de ses désirs et de ses besoins. Et cela, en élaborant des stratégies adéquates.
Ce n’est pas une chance limitée à certains privilégiés, du moins dans nos pays développés. Et on peut dire que les êtres humains ont dû faire beaucoup de chemin pour en arriver là.

Non seulement, notre société fait émerger de plus en plus de ressources d’autonomie, mais la complexité croissante des choix qui s’offrent à nous, fait que même les individus qui sont dotés de peu de ressources d’autonomie, se retrouvent confrontés à la nécessité d’être autonomes…

Qu’on soit un individu ou une entreprise classique, on est confrontée à un problème de positionnement, donc d’identité. Et même si l’identité d’un être humain se construit, dans un premier temps, dans son sein familial, avec ses amis et avec les membres d’une association ou d’une communauté à laquelle il appartient. Il reste indéniable que son identité se valide de plus en plus sur son marché, où la valeur économique de son travail subit des changements rapides et imprévisibles.

Comme l’entreprise classique, l’entreprise de soi prend son sens dans l’échange, qui n’est pas essentiellement économique, mais largement social. Et elle reste incomplète s’il s’agit seulement de se définir une identité passive et intellectuelle. Ce qui marque le terme d’entreprise, c’est bien la capacité d’un individu à passer du souhait à la stratégie. Cela, même si on ne maîtrise pas tous les tenants et les aboutissants de son environnement. Une stratégie n’étant pas toujours pleinement rationnelle, totalement active, ni forcément consciente.

Adopter une stratégie, c’est savoir qu’atteindre un objectif donné passe par certaines étapes et comporte nécessairement des obstacles. C’est être conscient des risques et des incertitudes, et savoir qu’un choix de carrière ou de projet doit prendre en compte son entourage, surtout si on a une famille, ou si on souhaite en avoir une…

L’entreprise de soi ne doit pas se confondre avec la quête d’indépendance absolue : dans un travail collectif subsistent des rapports d’interdépendance et de subordination. C’est un mouvement qui met en place des expériences et des outils conduisant à faire évoluer les individus et leurs contexte de vie. On peut même oser dire que c’est une éthique de développement tout au long de sa vie.

Selon Bob Aubrey, l’entreprise de soi n’est pas :
1. La loi de la jungle ou un individualisme forcené.
2. Une tentative pour plaquer les concepts de l’entreprise sur la vie des individus.
3. Une forme d’ultralibéralisme où seul le marché serait pris en compte.
4. Un substitut à la religion ou à la dimension spirituelle.
5. Un prétexte pour manipuler les salariés.
6. La quête d’indépendance maximale ou la liberté absolue.

On peut dire que l’entreprise de soi est une nécessité aujourd’hui, parce que notre monde a beaucoup changé lors de ces dernières décennies. Que nous nous éloignons à toute vitesse du mode de vie de la société industrielle, pour aller vers une société fondée sur le développement humain. Qu’il nous faut l’assumer, avec ses responsabilités et ses risques.

Nous avons une éthique à définir, dans laquelle le bien-vivre est devenu une entreprise où on est soi-même moteur et finalité. La nouvelle génération ne connaîtra certainement pas la vie programmée et assistée du berceau à la tombe. Elle est exposée à un avenir incertain. Chacun est aujourd’hui confronté au défi de créer pour orienter sa propre vie autour d’un axe central : être autonome et responsable, avec comme corollaire : l’éthique de ce qu’il va créer.

Définition des mots :
Entreprise :  » entre-prendre « ,  » prendre entre « . Rassembler des éléments existants pour en faire quelque chose de nouveau, mais aussi, articuler l’initiative individuelle avec la dimension sociale et collective.
Ethique : Ensemble des règles de conduite propre à une société ou à un groupe.

Pour palier ce manque, une étude de type exploratoire sur le sujet a été menée, laquelle visait à dresser un portrait des aspirants-entrepreneurs de la génération Y et à dégager des éléments pouvant les caractériser et possiblement les distinguer des entrepreneurs des générations antérieures.

Les résultats préliminaires montrent que le portrait dégagé est cohérent avec les caractéristiques généralement attribuées aux Y dans la littérature : familiarité avec les voyages; implication sociale, communautaire ou environnementale; besoin d’accomplissement et recherche d’autonomie; prépondérance de projets collectifs (équipe) présentant une dimension sociale et environnementale.

Ces constats amènent à réfléchir aux changements qui risquent d’être nécessaires pour adapter les méthodes d’enseignement et les formes traditionnelles d’accompagnement aux besoins particuliers de ce nouveau type d’entrepreneur.

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Actualités
09/01/2017

Un livre publié aux Editions de l'atelier sous la direction de Philippe Merlant, René Passet et Jacques Robin.

La thématique de ce livre est la transformation de la société résultant de l'avènemant des nouvelles technologies.

L'humanité entre dans une nouvelle ère basée sur l'information, un nouveau rapport à l'économie, la science, la culture, la mesure de la richesse...L'humanité devient plus solidaire, coopérative, nécessitant de repenser le fonctionnement des institutions internationales, des rapports de dominations mondiaux...

Lien vers le livre : LIVRE

12/12/2016

Un essai publié aux éditions "Flamarion" en mars 2000 et écrit par l'auteur Bob Aubrey.

L'auteur définit l'entreprise de soi comme une conception de l'individu qui se fonde sur le constat que l'homme augmente san cesse sa capacité à se connaitre, a s'éduquer, à s'adapter aux contextes sociaux et à développer ses stratégies de vie.

Lien vers le livre : LIVRE

14/11/2016

Une actualité de la catégorie "Syndicat et Social", publiée le 23 Avril 2009 par Guilaume Varnier de la fondation iFRAP (Think Thank dédié à l'analyse des politiques publiques et laboratoire d'idées innovantes).

Il aborde l'analyse de la répartition de la valeur ajoutée entre les parties prenantes et de la perte de pouvoir d'achat des salariés. Les véritables causes de cette perte, se trouvent dans les faiblesses structurelles de l'économie française à son sens.

Lien vers l'actualité : ACTUALITE

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